04/12/2016

halftrack wreck 294177

 

Projet de reconstruction d'un halftrack américain de la seconde guerre mondiale 294177

 

 

En 1990 on s'est lancé dans la restauration d'un dodge WC51. Il s'agissait alors d'un ancien véhicule de dépannage totalement pourri qui traînait dans un terrain vague à Verviers.

 

Il manquait assez bien de pièce et par je ne sais quel hasard, on s'est retrouvé au nord de Bastogne chez un « ferrailleur » bien connu pour récupérer quelques bricoles.

 

C'est ainsi que j'ai pour la première fois aperçu un châssis de halftrack (HT). Affublé d'une cabine d'engin de chantier et d'une grue, il avait une drôle d'allure.

Juste bon pour récupérer quelques pièces. Et encore.

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2016. Après des essais infructueux pour tenter d'obtenir en prêt une carcasse d'un véhicule blindé américain afin d'améliorer la visibilité du musée, je me suis rappelé de ce châssis de HT.

 

Cinq minutes plus tard, j'avais la confirmation qu'il était toujours bien là où je l'avais aperçu, enfoncé de 15 cm en terre dans un bois d'épicéas depuis près de 40 ans.

 

Deux jours plus tard, j'étais sur place pour constater qu'il était toujours bien mal en point. Un manteau de mousse et de rouille recouvrait ce qui restait de l'épave.

 

Après avoir conclu un accord avec le propriétaire, monsieur D, nous nous retrouvons sur le terrain pour enlever le châssis.

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Jean-Pol et Florian sont là pour prêter main forte. C'est qu'il faut élaguer un peu la végétation autour pour accéder. Mr D a démarré un ancien camion de dépannage Man de la Bundeswehr.

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Je conduirai l'engin et Mr D sera à la manœuvre avec la grue. Après quelques minutes d'effort pour accéder au bois et pour enlever tout ce qui est dans le chemin, le châssis de HT est attaché. Une première tentative pour le hisser s'avère infructueuse.

 

Après avoir raccourci le bras de la grue, c'est la bonne. Le Châssis de HT est lentement décollé du sol. Mr D me demande d'avancer le camion.DSC00337.JPG

Lentement, le châssis sort de terre. Les chenilles tournent toujours sans difficulté. Un bon point.

 

Reste à l'amener à l'atelier pour commencer le déshabillage. Retirer la grue et la cabine ainsi que le plateau arrière. Les disqueuses entrent en action.

 

Une semaine plus tard, le châssis est devant le musée ou l'on termine de le déshabiller. Rapidement, ce tas de ferraille suscite de l'intérêt. Souvent des réflexions plutôt peu flatteuses.

Le papou se demande si son fils n'est pas totalement fou.

Ce n'est pas la première fois.

 

C'est vrai que ce qui reste est juste bon comme banque de pièce, et encore. Mais après quelques tentatives, voilà que le moteur MAN tousse et se remet en route. Surprenant. Et quelle puissance ! Il fume un peu à froid mais il tourne comme une horloge. Pas la moindre fuite au radiateur.

 

Je décide alors de reconstituer une silhouette de HT à partir de ce châssis.

Et comme à mon habitude quand je fais quelque chose, je m'y lance avec passion et conviction.

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Le châssis porte le numéro 294177 et son numéro d'enregistrement le 4079596. Rapidement, je me rends compte de l'ampleur du travail et de la difficulté à obtenir des pièces malgré une paire d'aile et un boîtier de direction en France et quelques éléments de la cabine et du blindage avant en Hollande.

 

Une visite au MRA à Bastogne me permet de prendre des mesures bien utiles. Il est plus facile de trouver un HT complet. Mis à part la totalité des blindages arrières qui sont reproduits, on ne trouve pas grand chose pour l'avant et la cabine.

 

Nombre des HT ont été découpés après guerre. Châssis-cabines plus souvent revendus en Belgique comme engins de chantiers ou de débardage. Ils ont pour la plupart souffert.

 

Mais rarement autant que le 294177.

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Pour me motiver un peu, de décide d'attaquer la face avant avec le pare-choc. Je fabrique un à un les fameux boulons fraisés avec tête bombée et plat en lieu et place des têtes hexagonales disponibles sur le marché. La boulonnerie d'origine est rare et très onéreuse. Il faudra des centaines de boulons. Autant commencer par ça.bulge,relics,museum,wreck,halftrack,half track,halft-trackbulge,relics,museum,wreck,halftrack,half track,halft-trackbulge,relics,museum,wreck,halftrack,half track,halft-trackthumbnail_20161103_170321.jpg

 

Puis les charnières tout aussi onéreuses. Reconstruction une à une en bon acier avec un axe en inox.20161124_163237.jpg

 

C'est au tour du blindage avant et des volets ainsi que du mécanisme d'ouverture. Vient ensuite le pare-choc, les mains du rouleau.

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Petit à petit....

 

Les choses se précisent.

 

JF NOIRHOMME

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28/11/2016

CRASH D'un B17 42-31050 RHYNER à JOUBIEVAL

 

CRASH d'un B17 à JOUBIEVAL

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Le 29 janvier 1944 au petit matin à eu lieu une opération de grande envergure menée par les bombardiers de la 8ème air force situés dans l'est de l’Angleterre.

 

C'est ainsi que des dizaines de bombardiers B17 américains décollent depuis les nombreuses bases situées dans l'est de l’Angleterre comme Kimbolton pour une mission au dessus de l'Allemagne et plus précisément Frankfurt où des objectifs stratégiques ( entre autre une usine de fabrication d’éléments de moteurs ) ont été repérés et doivent être détruits pour ralentir l'effort de guerre nazi.

 

Ce jour là, ce sont au total des centaines d'avions qui se retrouvent dans le ciel :

principalement des B17et des B24. Les différentes escadrilles se rejoignent dans le ciel en formant d'immenses formations en vol. Le spectacle est impressionnant.

 

Parmi ces bombardiers, le B17 de Hoverkamp ( qui s'écrasa le même jour non loin de Baclain-Langlire ) mais également le 42-31050 de Rhyner.

 

Si les forteresses volantes atteignent l'Allemagne sans trop de difficultés, ce 29 janvier 1944 est une journée sombre car la couverture nuageuse est très importante. Quasi impossible pour les opérateurs responsables du largage des bombes de se fier à un repérage au sol. Tout doit se faire aux instruments.

Bien que l'objectif soit Francfort sur le Main, de nombreux avions larguent leurs cargaisons de bombes sur Ludwigshafen.

 

C'est alors que la chasse allemande entre en action, principalement des Messerchmitt 109. En effet, à Bad Wörishofen en Bavière se trouve la « Jagdgeschwader 3 » sous les ordres du Major Dahl. Alertés par les troupes au sol, ils vont à la rencontre d'un groupe d'une vingtaine de B17 avec la ferme intention d'en découdre. Un terrible combat aérien s'engage. Onze bombardiers seront endommagés ou détruits ce jour là.

 

Plusieurs s'écraseront par ailleurs sur le sol allemand, équipages tués ou faits prisonniers...

 

Johannes Ganz a 12 ans à l'époque et il raconte :

 

"Au matin du 29 Janvier, 1944, je me rendais depuis Eiweiler à l'école secondaire pour garçons de Hermeskeil ( faisant aujourd'hui partie de Nohfelden )

 

A la quatrième heure d'école, les sirènes retentirent.  « Fliegeralarm! » Un raid aérien était imminent. On nous a ordonné de nous rendre à la cave du bâtiment de l'école qui avait été renforcée par des poutres de chêne et déclarée bonne comme abri anti aérien.

Mais a l'insu de nos « surveillants »qui portaient un brassard, nous nous sommes à trois éclipsés en direction de Hermeskeil vers Nonnweiler afin de rejoindre un bunker plus sécurisant. En chemin, nous entendions dans les haut- parleurs les incitations à nous mettre à l'abris.

 

C’était inutile car nous entendions clairement les vombrissements de quadrimoteurs dans les nuages entrecoupés par les hurlements des chasseurs et les bruits des mitrailleuses qui retentissaient. C'était un duel féroce qui se livrait là haut.

 

Nous sommes restés devant la porte entrouverte du bunker et, depuis cet emplacement, on avait une vue étendue sur Hermeskeil et sa région occidentale. Tout à coup, notre attention ont été retenue par une masse sombre sortie des nuages et qui a a frappé la forêt voisine. Un vieil homme nous a dit qu'il s 'agissait probablement d'un morceau d'avion (ou sans doute un réservoir supplémentaire). Mais après quelques instants sont tombés du ciel vers Gusenburg de plus grands morceaux.

 

Cela allait si vite qu'il nous était impossible de dire quoi. De temps à autre, des chasseurs apparaissaient menaçant, puis ils disparaissaient de nouveau dans les nuages ou au loin.

Puis le calme est revenu et nous avons rejoins l'école. En chemin, nous avons rencontré des copains qui nous ont dit que deux bombardiers lourds s'étaient écrasés à Gusenburg.

 

Après une brève discussion, nous nous sommes mis en route. Ce spectacle horrible auquel j'ai assisté en tant que enfant me donne encore des cauchemards aujourd'hui.

 

D'énormes morceaux d'avions fumants à gauche et à droite de la route. Une odeur prenante de pièces brûlées et carbonisées empestait l'athmosphère.

Un peu plus loin sur un terrain les corps des aviateurs avaient déjà été alignés et couverts de parachutes.

 

A droite de la route, dans un renflement, il y avait quatre soldats de l'équipage d'un bombardier qui avait pu sauter en parachute et avaient été capturés dans les environs. Ils étaient placés de telle sorte que tout contact entre eux, même oculaires, était impossible et ils étaient surveillés par des soldats SS, probablement venus du camp de concentration tout proche de Hinzer-Pölert.

Nous avons dû revenir à Hermeskeil pour reprendre nos affaires de l'école et pouvoir rejoindre notre train. Sur la route en pente dans le village nous avons assisté à une scène étrange. Un soldat allemand conduisant un side-car roulant pas accompagnait un aviateur prisonnier en équipement avec son parachute autour du cou . Le ceinturon de l'aviateur avec son arme pendait au guidon de la moto.

 

Derrière eux, se déplaçant au même rythme, un convoi avec des passagers à bord, comme des spectateurs qui voulaient admirer le trophée..

Un jour plus tard, notre professeur d'anglais nous raconta qu'elle avait été appelée comme interprète pour interroger les aviateurs américains.

C'est ainsi que le 29 Janvier 1944 s'est révélé à nous, enfants de la guerre, de la façon la plus hideuse. De la gloire qu'avait essayé de nous insuffler la propagande nazie, il ne restait plus rien. »

Johannes Ganz, St. Wendel

 

Si la plupart des bombardiers lourds rejoignent leur base vers 15-16h00 ce 29 janvier 1944, ce n'est pas le cas pour Hoverkamp ni Rhyner.

 

Le 42-31050 de Rhyner a lui aussi subi des avaries. Même s'il est parvenu à reprendre la route de l'Angleterre les moteurs s'arrêtent les uns après les autres et Rhyner donne l'ordre à ses hommes de sauter en parachute.

 

Les premiers tombent dans la région de Gouvy tandis que Rhyner saute au dessus de Wibrin. 

Il a bloqué les commandes du B17 qui continue son chemin. Mais, avec un seul moteur fonctionnant, le B17 continue sa route sur une quinzaine de kilomètre en opérant un virage vers la droite ( Puisque sans pilote à bord pour compenser la dérive )

 

C'est ainsi que les habitants de Sart Joubiéval en ce 29 janvier 1944 voient un bombardier américain B17 en perte de vitesse traverser le ciel de Joubiéval en direction de la route menant de Provedroux à Petite Langlire.

 

L'avion continue sa route au dessus du bois du Hestreu en étêtant les pointes des grands épicéas avant de s'écraser dans un petit bois, le long d'un chemin non loin de l'actuel terrain utilisé pour les courses de motocross.

 

D'après les témoins, la trajectoire de l'avion était clairement visible dans les sapins. ( Fr Leonard )

 

Aussitôt, des membres de la résistance locale entreprennent de récupérer du matériel de cet avion ainsi que le carburant car l'avion n'a pas explosé au sol.

Du carburant est encore présent dans un réservoir.

 

On trouve la trace dans le cahier numéro 6 Val de Glain, Terre de Salm – Le sous secteur HOSS- secteur 4 – zone V de l'AS 1984 d'un avion écrasé à proximité de Ottré.

 

« Jean NIZET et d'autres résistants participèrent à l'enlèvement de l'essence d'un avion américain qui avait fait un atterrissage forcé à Ottré, en février 1944. (UFAS) »

 

En fait, les résistants vont vider une ancienne citerne à lisier à côté de la maison NIZET à Ottré pour y cacher leur butin.( cfr Marie Antoinette Leonard )

 

Par la suite, les gens des villages avoisinants vont aller en procession pendant des semaines voir cet avion tombé et glaner des « souvenirs »

 

C'est ainsi que de nombreuses personnes vont réaliser des bijoux avec les micas (plexiglas ) , des croix ou encore des bagues sculptées avec des tuyaux en inox ou en aluminium récupérés. ( Cfr Alix Backus de Sart )

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72 ans plus tard, grâce à des renseignements fournis par des habitants de la localité, je me suis rendu avec quelques amis sur les lieux du crash.

 

Il ne reste bien sûr plus grand chose des quelque 30 tonnes de l'avion. Néanmoins, quelques centaines de petits morceaux ont été retrouvés sur place.

 

Sans importance vous diront beaucoup.

 

Et pourtant, la recherche de la vérité historique vous permet souvent de faire des rencontres formidables, d'obtenir des témoignages qui s'avèrent fort intéressants.

 

Et puis, un peu de chance vous fait découvrir un morceau de tôle tordu sur lequel apparait un numéro. 31050

Il s'agit de simples chiffres noirs peints au pochoir

 

Grâce à Paul Remy, Guy Demain et leurs contacts, il a rapidement été possible d'entamer des recherches quant au destin de ce quadrimoteur et de ses occupants.

 

Preuve en est que, septante deux ans après les faits, collectionneurs et historiens peuvent unir leurs forces pour tenter de résoudre des énigmes.

 

Je vous encourage vivement à visiter le blog : ardennesavions45.blogspot.be/

 

Vous y trouverez une foule d'informations des plus intéressantes racontées par des gens compétents et passionnés.

 

Un merci tout particulier à Véronique Noirhomme dont les recherches m'ont permis d'en apprendre encore bien plus sur cet avion dont le témoignage de cet allemand.

http://www.hfrg.de/index.php?id=563

 

Au plaisir de vous rencontrer au sein de notre musée.

 

Jean-François Noirhomme

BULGE RELICS MUSEUM JOUBIEVAL

 

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12:21 Écrit par bulge relics | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : 42-31050- b17-rhyner |  Facebook |

21/02/2016

Le kit bag de JOHN M RENAHAN

LE KIT BAG de JOHN M. RENAHAN

Il y a des objets fort courants qui, des années plus tard, se révèlent être des objets poignants, dotés d’une forte connotation émotionnelle.


Tel est le cas de ce kit bag américain retrouvé il y a près de trente ans. Objet basique et des plus communs. Je sais qu’il provient de la région mais je suis incapable de me rappeler exactement d’où. Je l’avais rangé avec une dizaine d’autres dans un kit bag réservé aux objets marqués ou matriculés.
Il y a une quarantaine d’objets de ce type au musée.


Ce n’est que en préparant les différentes vitrines pour le musée que j’ai eu ce sac de nouveau en main et que j’ai effectué des recherches sur internet.
Rapidement, le nom de JOHN M RENAHAN est apparu dans une liste de noms de soldats de la 3ème division blindée.

Ce Pfc provenant de New York est né en 1911 et s'était engagé le 09 avril 1942.


Son nom figure sur le wall of missing au cimetière de Henri Chapelle en Belgique. Il a été porté « disparu au combat » en janvier 1945 à Langlire et a reçu la « purple star » à titre posthume.

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Malgré mes recherches, je n’avais pas pu trouver de plus amples informations. C’est mon ami Eddy qui a fait une découverte lors de ses recherches pour l’écriture de son livre « De la neige et du sang ».
En effet, en analysant la légende d’un document photographique (#199151 ) pris le 16 janvier 1945 à Langlire, on retrouve un char PRIEST équipé d’un canon howitzer de 105 MM en feu.

renahan john m.jpg
#199151#
« Ammunition of a self-propelled howitzer exploded as third Armoured Division vehicle burns after a direct hit by enemy artillery in Belgium. 1/16/45.
Btry B, 54th Arm.FA.Bn, USA »
Il a été touché par un obus d’artillerie allemand de plein fouet. La soute à munition a été atteinte et plusieurs membres d’équipage tués ou blessés dans l’explosion.


D’après le rapport après action du 54ème Arm.FA.Bn, il n’y a eu le 16 janvier qu’un seul PRIEST M7 qui a été détruit.
A son bord, 3 hommes tués et 3 hommes blessés sont mentionnés.

Sont morts au combat :

PFC JOHN M RENAHAN,
CPL OLIVER W HAILE
PFC JULIO C MAZZANO.

Ont été blessés :

1st LT GEORGE B KELLOCK
TEC 5 HAROLD G FISCHER
PFC EMIL JIMMIE

En observant bien la photo et sachant la facilité avec laquelle un obus d’artillerie ennemi pouvait atteindre la soute à munition du char, on peut aisément comprendre pourquoi le corps de John M RENAHAN ne trouvera jamais de sépulture.

Voilà comment, près de 70 ans après les faits, des collectionneurs et des historiens peuvent lever un petit coin du voile et rappeler le destin tragique de quelques uns.

Rappelons que l’armée américaine a engagé près de 610.000 soldats durant l’offensive des Ardennes.
89000 GI’s ont été blessés et 19276 tués.
Ce fût de loin la bataille la plus meurtrière des Etats Unis durant la seconde guerre mondiale.

Les allemands ont engagé quelque 300.000 hommes dont 67200-125000 furent tués, blessés ou disparus.

Ils sont encore des milliers de « MIA », américains et allemands à ne pas avoir trouvé de sépulture.

Leurs corps ont soit été « vaporisés » ou encore enterrés à la hâte et jamais relevés.

Il faut aussi bien dire que de nombreux corps de soldats nazis ont été directement ensevelis avec les gravats, les poubelles et autres carcasses de chevaux qui pullulaient comme les trous de bombes en janvier 1945.

Voici un lien vers un site MIA PROJECT qui a entre autre pour objectif de retrouver ces hommes :

 

http://www.miaproject.net/

 

 

10:40 Écrit par bulge relics | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |