17/11/2013

le canon de Pol Pirson

 

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Obusier allemand

 

Encore une histoire insolite et un souvenir d'enfance.

Nous n'avons pas beaucoup d'informations concernant ce jouet en tôle des années 1930. Tout ce que nous savons, c'est qu'il a été retrouvé sur le terrain de bataille après les combats. Servait-il de mascotte à un équipage ?

Il fut offert à Pol Pirson qui utilisa ce dernier pendant plusieurs étés pour faire fuir les merles qui s'attaquaient à la récolte de cerises. Le calibre convenait parfaitement aux noyaux qui étaient propulsés à des dizaines de mètres.

 

Merci à Pol Pirson ( 1943 -2008 )

11:16 Écrit par bulge relics | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/11/2013

La boite de Noël du lieutenant Jackson

 A l'approche des fêtes, un autre conte de Noël - Via E. Monfortchristmas box2.jpg

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La boîte de Noël du lieutenant Jackson

 

Décembre 1944 fut l'un des mois les plus durs pour le 981e Field Artillery, mais il le fut encore plus pour le Lieutenant Horace R. Jackson. Ce grand gaillard du Texas était respecté par tous les hommes et il était apprécié de ses supérieurs pour faire le meilleur boulot qui soit.

Le 5 décembre le lieutenant Jackson tombe malade et est évacué à l'hôpital divisionnaire. Alors qu'il récupère, les allemands lancent leur offensive hivernale et des rapports arrivent aussi vite que les blessés à l'hôpital.

Des histoires racontant les débordements d'une force supérieure en chars et en infanterie vont bon train. Le lieutenant Jackson ne peut rien faire. Il essaie de se renseigner sur son unité et ses hommes mais il y a un blackout des communications. Tout ce qu'il peut faire est d'attendre d'être libéré par les médecins et retourner au 981e s' il le peut.

 

Il passe Noël à l'hôpital sans nouvelles de la maison à cause du démantèlement du front et du fait que le courrier était retenu en attendant que les lignes puissent se rétablir et que l'on soit assuré que le courrier arrive effectivement aux troupes. Finalement, il est jugé apte par les docteurs et il trouve rapidement un moyen de transport pour rejoindre son unité et ses hommes. Le 29 décembre le lieutenant Jackson est parmi ses hommes et au boulot comme s'il ne l'avait jamais quitté. Les hommes sont heureux de son retour.

 

Le 8 janvier, le 981e se retire dans le village de Malempré en Belgique pour lancer des opérations à partir de ce point. Le courrier des mois précédents du lieutenant Jackson le rejoint finalement là.

Lors de l'appel, il reçoit quelques lettres de sa femme à San Antonio (Texas ) et, à sa surprise, un paquet aussi. Il trouve un coin tranquille et commence à lire ses lettres de la maison. Il ne s'était jamais rendu compte jusqu'à maintenant à quel point sa femme lui manquait. La guerre le gardait fort occupé et ne lui laissait pas beaucoup de temps pour penser à la maison et à sa femme, excepté à des moments comme celui-ci. Après avoir lu toutes ses lettres et avoir refoulé ses sentiments, il ouvre le grand paquet de sa femme.

A la surprise du lieutenant c'était un paquet de Noël rempli de choses dont il pourrait avoir besoin en ces circonstances. Du dentifrice, un rasoir, des chaussettes et des sucreries de noël. Il remit en place sa précieuse cargaison et retourna à ses quartiers chez l'une des familles locales de Malempré, les Piron. Les Piron comptaient plusieurs gamins dans la famille et ce grand gars du Texas qui leur rendait visite, c'était un miracle pour toute la famille, surtout pour le plus âgé des garçons, Alphonse.

Ses autres frères ( René, Norbert et Joseph ) qui étaient trop petits pour converser avec le lieutenant Jackson allaient se cacher derrière leur mère mais Alphonse était intéressé de parler avec le grand américain et lui posait des questions sur sa maison au Texas.

Le lieutenant Jackson revint à la maison des Piron avec le paquet sous le bras et s'assit à la table de la cuisine. Comme des petites créatures des bois, les enfants Piron se sont approchés de la table lorsque la curiosité a été plus forte. Alors que les enfants s'étaient rassemblés autour de la table Alphonse demanda :  « Qu'est ce qu'il y a dedans monsieur ? » Le lieutenant sourit et ouvrit le paquet. Il commença à sortir les choses hors de la boîte une à une. Il dit : « Ma femme me les a envoyés depuis le Texas ». Les enfants étaient assis à la table, ébahis à la vue de ce glorieux paquet du Texas et par les merveilleuses choses qu'il contenait. Ils réalisèrent alors que toutes ces choses ne leur étaient pas destinées et le lieutenant lu la déception sur leur visage.

C'est alors qu'il se rendit compte que l'entièreté du fond de la boîte était une carte de Noël de sa femme. Il ouvrit grand la boîte sur le côté et la montra aux enfants admiratifs. Les enfants se précipitèrent en avant pour mieux admirer la boîte magique.

Le lieutenant Jackson sourit en lui-même et pensa : «  C'est donc cela que le père Noël doit ressentir.» Il retira alors le sachet de friandises que sa femme lui avait envoyé avec les autres objets et le donna aux enfants. Alphonse pensa que cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas reçu quelque chose d'aussi chouette et les petits frères n'avaient eux jamais mangé des friandises de Noël.

Le lieutenant Jackson n' avait pas pu être avec les siens pour Noël mais il s'en était rapproché...

 

09:55 Écrit par bulge relics | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/11/2013

La petite ardennaise et la marionette

Une anecdote.

Au mileu des combats, une histoire qui n'a rien de militaire....

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La rencontre d'un Gi noir et d'une petite ardennaise.

 

 

Fin décembre 1944 - début janvier 1945. Un groupe de soldats américains, ( probablement de la 83 ème division d'infanterie *) sont chargés de sécuriser les villages de Joubiéval et Les Sarts.

 

Ces hommes sont sur les talons des allemands qui se replient en direction de Ottré- Bihain.

 

Quelques GI (3-4 ) s'installent dans une maison du village ( Cokaimont ) où une grand-mère et ses deux petits enfants se sont réfugiées à la cave pour se prémunir du danger que provoquent les combats aux alentours.

 

Alors que la grand-mère se risque à remonter à la cuisine avec ses petits enfants ( Ida et José ), elle tombe nez à nez avec les GI. Surprise d'autant plus grande que parmi eux, il y a un soldat d'origine afro-américaine.

 

Pour les ardennais, les seuls noirs dont ils avaient entendu parler ou dont ils avaient vu des représentations, c'était au congo, dans de lointaines colonies...

 

Quel n'est donc pas leur étonnement d'en rencontrer un ici chez eux en Ardenne.

 

La jeune Ida ( 5 ans ) est certes quelque peu effrayée mais aussi un peu curieuse.

 

Autour d'un sapin de noël improvisé, le Gi noir sort alors de son sac la petite marionnette et se met à jouer avec elle, détendant l'atmosphère.

Sans doute qu'un morceau de chocolat a aussi pu contribuer à rassurer ses craintes définitivement...

 

Cette rencontre inhabituelle lui laissa en tout cas un souvenir impérissable.

 

Les soldats quittèrent les lieux quelque temps plus tard, laissant à Ida cette marionnette qu'elle conservera toute sa vie.

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Don de F.Monfort-Vieuxtemps

 

 

* Au vu du matériel nominatif 83 DI retrouvé par B0012226.jpgailleurs sur place

20:12 Écrit par bulge relics | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |