28/11/2016

CRASH D'un B17 42-31050 RHYNER à JOUBIEVAL

 

CRASH d'un B17 à JOUBIEVAL

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Le 29 janvier 1944 au petit matin à eu lieu une opération de grande envergure menée par les bombardiers de la 8ème air force situés dans l'est de l’Angleterre.

 

C'est ainsi que des dizaines de bombardiers B17 américains décollent depuis les nombreuses bases situées dans l'est de l’Angleterre comme Kimbolton pour une mission au dessus de l'Allemagne et plus précisément Frankfurt où des objectifs stratégiques ( entre autre une usine de fabrication d’éléments de moteurs ) ont été repérés et doivent être détruits pour ralentir l'effort de guerre nazi.

 

Ce jour là, ce sont au total des centaines d'avions qui se retrouvent dans le ciel :

principalement des B17et des B24. Les différentes escadrilles se rejoignent dans le ciel en formant d'immenses formations en vol. Le spectacle est impressionnant.

 

Parmi ces bombardiers, le B17 de Hoverkamp ( qui s'écrasa le même jour non loin de Baclain-Langlire ) mais également le 42-31050 de Rhyner.

 

Si les forteresses volantes atteignent l'Allemagne sans trop de difficultés, ce 29 janvier 1944 est une journée sombre car la couverture nuageuse est très importante. Quasi impossible pour les opérateurs responsables du largage des bombes de se fier à un repérage au sol. Tout doit se faire aux instruments.

Bien que l'objectif soit Francfort sur le Main, de nombreux avions larguent leurs cargaisons de bombes sur Ludwigshafen.

 

C'est alors que la chasse allemande entre en action, principalement des Messerchmitt 109. En effet, à Bad Wörishofen en Bavière se trouve la « Jagdgeschwader 3 » sous les ordres du Major Dahl. Alertés par les troupes au sol, ils vont à la rencontre d'un groupe d'une vingtaine de B17 avec la ferme intention d'en découdre. Un terrible combat aérien s'engage. Onze bombardiers seront endommagés ou détruits ce jour là.

 

Plusieurs s'écraseront par ailleurs sur le sol allemand, équipages tués ou faits prisonniers...

 

Johannes Ganz a 12 ans à l'époque et il raconte :

 

"Au matin du 29 Janvier, 1944, je me rendais depuis Eiweiler à l'école secondaire pour garçons de Hermeskeil ( faisant aujourd'hui partie de Nohfelden )

 

A la quatrième heure d'école, les sirènes retentirent.  « Fliegeralarm! » Un raid aérien était imminent. On nous a ordonné de nous rendre à la cave du bâtiment de l'école qui avait été renforcée par des poutres de chêne et déclarée bonne comme abri anti aérien.

Mais a l'insu de nos « surveillants »qui portaient un brassard, nous nous sommes à trois éclipsés en direction de Hermeskeil vers Nonnweiler afin de rejoindre un bunker plus sécurisant. En chemin, nous entendions dans les haut- parleurs les incitations à nous mettre à l'abris.

 

C’était inutile car nous entendions clairement les vombrissements de quadrimoteurs dans les nuages entrecoupés par les hurlements des chasseurs et les bruits des mitrailleuses qui retentissaient. C'était un duel féroce qui se livrait là haut.

 

Nous sommes restés devant la porte entrouverte du bunker et, depuis cet emplacement, on avait une vue étendue sur Hermeskeil et sa région occidentale. Tout à coup, notre attention ont été retenue par une masse sombre sortie des nuages et qui a a frappé la forêt voisine. Un vieil homme nous a dit qu'il s 'agissait probablement d'un morceau d'avion (ou sans doute un réservoir supplémentaire). Mais après quelques instants sont tombés du ciel vers Gusenburg de plus grands morceaux.

 

Cela allait si vite qu'il nous était impossible de dire quoi. De temps à autre, des chasseurs apparaissaient menaçant, puis ils disparaissaient de nouveau dans les nuages ou au loin.

Puis le calme est revenu et nous avons rejoins l'école. En chemin, nous avons rencontré des copains qui nous ont dit que deux bombardiers lourds s'étaient écrasés à Gusenburg.

 

Après une brève discussion, nous nous sommes mis en route. Ce spectacle horrible auquel j'ai assisté en tant que enfant me donne encore des cauchemards aujourd'hui.

 

D'énormes morceaux d'avions fumants à gauche et à droite de la route. Une odeur prenante de pièces brûlées et carbonisées empestait l'athmosphère.

Un peu plus loin sur un terrain les corps des aviateurs avaient déjà été alignés et couverts de parachutes.

 

A droite de la route, dans un renflement, il y avait quatre soldats de l'équipage d'un bombardier qui avait pu sauter en parachute et avaient été capturés dans les environs. Ils étaient placés de telle sorte que tout contact entre eux, même oculaires, était impossible et ils étaient surveillés par des soldats SS, probablement venus du camp de concentration tout proche de Hinzer-Pölert.

Nous avons dû revenir à Hermeskeil pour reprendre nos affaires de l'école et pouvoir rejoindre notre train. Sur la route en pente dans le village nous avons assisté à une scène étrange. Un soldat allemand conduisant un side-car roulant pas accompagnait un aviateur prisonnier en équipement avec son parachute autour du cou . Le ceinturon de l'aviateur avec son arme pendait au guidon de la moto.

 

Derrière eux, se déplaçant au même rythme, un convoi avec des passagers à bord, comme des spectateurs qui voulaient admirer le trophée..

Un jour plus tard, notre professeur d'anglais nous raconta qu'elle avait été appelée comme interprète pour interroger les aviateurs américains.

C'est ainsi que le 29 Janvier 1944 s'est révélé à nous, enfants de la guerre, de la façon la plus hideuse. De la gloire qu'avait essayé de nous insuffler la propagande nazie, il ne restait plus rien. »

Johannes Ganz, St. Wendel

 

Si la plupart des bombardiers lourds rejoignent leur base vers 15-16h00 ce 29 janvier 1944, ce n'est pas le cas pour Hoverkamp ni Rhyner.

 

Le 42-31050 de Rhyner a lui aussi subi des avaries. Même s'il est parvenu à reprendre la route de l'Angleterre les moteurs s'arrêtent les uns après les autres et Rhyner donne l'ordre à ses hommes de sauter en parachute.

 

Les premiers tombent dans la région de Gouvy tandis que Rhyner saute au dessus de Wibrin. 

Il a bloqué les commandes du B17 qui continue son chemin. Mais, avec un seul moteur fonctionnant, le B17 continue sa route sur une quinzaine de kilomètre en opérant un virage vers la droite ( Puisque sans pilote à bord pour compenser la dérive )

 

C'est ainsi que les habitants de Sart Joubiéval en ce 29 janvier 1944 voient un bombardier américain B17 en perte de vitesse traverser le ciel de Joubiéval en direction de la route menant de Provedroux à Petite Langlire.

 

L'avion continue sa route au dessus du bois du Hestreu en étêtant les pointes des grands épicéas avant de s'écraser dans un petit bois, le long d'un chemin non loin de l'actuel terrain utilisé pour les courses de motocross.

 

D'après les témoins, la trajectoire de l'avion était clairement visible dans les sapins. ( Fr Leonard )

 

Aussitôt, des membres de la résistance locale entreprennent de récupérer du matériel de cet avion ainsi que le carburant car l'avion n'a pas explosé au sol.

Du carburant est encore présent dans un réservoir.

 

On trouve la trace dans le cahier numéro 6 Val de Glain, Terre de Salm – Le sous secteur HOSS- secteur 4 – zone V de l'AS 1984 d'un avion écrasé à proximité de Ottré.

 

« Jean NIZET et d'autres résistants participèrent à l'enlèvement de l'essence d'un avion américain qui avait fait un atterrissage forcé à Ottré, en février 1944. (UFAS) »

 

En fait, les résistants vont vider une ancienne citerne à lisier à côté de la maison NIZET à Ottré pour y cacher leur butin.( cfr Marie Antoinette Leonard )

 

Par la suite, les gens des villages avoisinants vont aller en procession pendant des semaines voir cet avion tombé et glaner des « souvenirs »

 

C'est ainsi que de nombreuses personnes vont réaliser des bijoux avec les micas (plexiglas ) , des croix ou encore des bagues sculptées avec des tuyaux en inox ou en aluminium récupérés. ( Cfr Alix Backus de Sart )

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72 ans plus tard, grâce à des renseignements fournis par des habitants de la localité, je me suis rendu avec quelques amis sur les lieux du crash.

 

Il ne reste bien sûr plus grand chose des quelque 30 tonnes de l'avion. Néanmoins, quelques centaines de petits morceaux ont été retrouvés sur place.

 

Sans importance vous diront beaucoup.

 

Et pourtant, la recherche de la vérité historique vous permet souvent de faire des rencontres formidables, d'obtenir des témoignages qui s'avèrent fort intéressants.

 

Et puis, un peu de chance vous fait découvrir un morceau de tôle tordu sur lequel apparait un numéro. 31050

Il s'agit de simples chiffres noirs peints au pochoir

 

Grâce à Paul Remy, Guy Demain et leurs contacts, il a rapidement été possible d'entamer des recherches quant au destin de ce quadrimoteur et de ses occupants.

 

Preuve en est que, septante deux ans après les faits, collectionneurs et historiens peuvent unir leurs forces pour tenter de résoudre des énigmes.

 

Je vous encourage vivement à visiter le blog : ardennesavions45.blogspot.be/

 

Vous y trouverez une foule d'informations des plus intéressantes racontées par des gens compétents et passionnés.

 

Un merci tout particulier à Véronique Noirhomme dont les recherches m'ont permis d'en apprendre encore bien plus sur cet avion dont le témoignage de cet allemand.

http://www.hfrg.de/index.php?id=563

 

Au plaisir de vous rencontrer au sein de notre musée.

 

Jean-François Noirhomme

BULGE RELICS MUSEUM JOUBIEVAL

 

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12:21 Écrit par bulge relics | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : 42-31050- b17-rhyner |  Facebook |